Approches

Gestion de la collecte du romarin sur les terres domaniales par le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification dans le bassin versant d’Oued Outat [Maroc]

approaches_3118 - Maroc

État complet: 97%

1. Informations générales

1.2 Coordonnées des personnes-ressources et des institutions impliquées dans l'évaluation et la documentation de l'Approche

Personne(s) ressource(s) clé(s)

Forestier:

Elkhelifi Alaoui

HCEFLCD

Maroc

Nom du projet qui a facilité la documentation/ l'évaluation de l'Approche (si pertinent)
Projet de Gestion Participative et Intégrée des Bassins Versants pour la Lutte contre l’Erosion (FAO/GPC/MOR/050/SWI)
Nom du ou des institutions qui ont facilité la documentation/ l'évaluation de l'Approche (si pertinent)
Bern University of Applied Sciences, School of Agricultural, Forest and Food Sciences (HAFL) - Suisse

1.3 Conditions relatives à l'utilisation par WOCAT des données documentées

Quand les données ont-elles été compilées (sur le terrain)?

15/08/2017

Le compilateur et la(les) personne(s) ressource(s) acceptent les conditions relatives à l'utilisation par WOCAT des données documentées:

Oui

1.4 Références au(x) questionnaire(s) sur les Technologies de GDT

2. Description de l'Approche de GDT

2.1 Courte description de l'Approche

Le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) organise la mise aux enchères de la cueillette du romarin (Rosmarinus officinalis et R. tournefortii) tous les quatre ans, de manière à éviter sa surexploitation et permettre sa régénération.

2.2 Description détaillée de l'Approche

Description détaillée de l'Approche:

Le Haut-Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD) gère les lots de romarin dans les terres domaniales de manière à permettre sa régénération. Dans ce but, il en interdit la coupe pour trois ans, ce qui permet la régénération, puis met le lot aux enchères après une estimation de la biomasse de romarin. L’argent de la mise aux enchères va à 80% à la commune rurale, et à 20% au fond national forestier. L’entreprise à laquelle le lot a été adjugé surveille le lot contre les coupes illicites et engage des ouvriers (locaux ou d’ailleurs) pour cueillir le romarin. Les ouvriers sont formés à la coupe de romarin sur le terrain par le HCEFLCD, lequel contrôle la bonne application de ses directives.
Le but de cette approche est d’avoir une valorisation durable du romarin, permettant sa régénération.
La mise en œuvre de l’approche est ancienne, les forestiers actuels n’étaient pas présents lors de son introduction.
Les parties prenantes impliquées sont : le HCEFLCD, qui gère et contrôle l’utilisation du romarin et la mise aux enchères ; les ouvriers, qui cueillent le romarin ; et l’entreprise sélectionnée qui gère et paie les ouvriers. De plus, la commune rurale peut accepter ou refuser une entreprise, coopérative ou association sélectionnée par le HCEFLCD.
Les utilisateurs des terres apprécient le fait que le romarin est valorisé, avec tous les effets bénéfiques que cela apporte pour la production (augmentation de feuilles et de fleurs deux ans après la coupe). Par contre, vu que le processus est géré par le HCEFLCD, que la commune rurale doit donner son aval, et que l’entreprise sélectionnée doit finalement faire son travail, la valorisation n’est pas aussi efficiente qu’il serait possible en théorie car les intervalles de coupes sont plus grands que l’optimal.

2.3 Photos de l'approche

2.5 Pays/ région/ lieux où l'Approche a été appliquée

Pays:

Maroc

Région/ Etat/ Province:

Midelt

Autres spécifications du lieu :

Dans les nappes de romarin naturelles des terres domaniales.

2.6 Dates de début et de fin de l'Approche

Si l'année précise est inconnue, indiquez approximativement quand l'Approche a démarré:

il y a entre 10-50 ans

2.7 Type d'Approche

  • fondé sur un projet/ programme

2.8 Principaux objectifs de l'Approche

L’objectif principal est de permettre la régénération du romarin pour valoriser durablement cette ressource.

2.9 Conditions favorisant ou entravant la mise en œuvre de la(des) Technologie(s) appliquée(s) sous l'Approche

cadre institutionnel
  • favorise

Les terres domaniale, sous contrôle du HCEFLCD, permetttent la mise en place de systèmes durables.

cadre juridique (régime foncier, droits d'utilisation des terres et de l'eau)
  • favorise

Le HCEFLCD est responsable des terres domaniales.

gouvernance foncière (prise de décisions, mise en œuvre et application des décisions)
  • favorise

Sur les terres domaniales, le HCEFLCD peut décider de la mise en oeuvre de coupes.

  • entrave

Les communes rurales peuvent refuser au HCEFLCD l'exploitation d'une nappe.

connaissances sur la GDT, accès aux supports techniques
  • favorise

Plus il y a de connaissances sur la gestion durable des ressources, mieux elles peuvent être mises en place.

marchés (pour acheter les intrants, vendre les produits) et prix
  • favorise

Du fait que la demande en romarin est élevée, une gestion durable des nappes est nécessaire pour éviter la surexploitation.

  • entrave

Les coupes illicites, stimulées par la forte demande en romarin, constituent parfois un problème.

charge de travail, disponibilité de la main-d'œuvre
  • favorise

La main d’œuvre est facilement disponible pour la cueillette du romarin car il y a peu d’emplois alternatifs dans le bassin versant

3. Participation et rôles des parties prenantes impliquées dans l'Approche

3.1 Parties prenantes impliquées dans l'Approche et rôles

  • exploitants locaux des terres / communautés locales

Ouvriers

Pratiquer la cueillette suivant les directives du HCEFLCD.

  • secteur privé

Entrepreneurs ou coopératives

Responsables de la gestion des récoltes, des ouvriers, et payent des gardiens pour éviter les coupes illicites durant l'année de taille.

  • gouvernement local

Commune rurale

Décide si elle permet au HCEFLCD de mettre aux enchères les nappes de romarin sur sa commune.

  • Judiciaire

HCEFLCD

Mise aux enchère des parcelles de romarin pour la cueillette. Contrôle des délits.
Formations en matière de cueillette et contrôle de son application correcte.

Si plusieurs parties prenantes sont impliquées, indiquez l'organisme chef de file ou l'institution responsable:

Le HCEFLCD est l'institution responsable

3.2 Participation des exploitants locaux des terres/ communautés locales aux différentes phases de l'Approche
Participation des exploitants locaux des terres/ communautés locales Spécifiez qui était impliqué et décrivez les activités
initiation/ motivation aucun L'approche a été initiée par le HCEFLCD
planification aucun L'approche a été planifiée par le HCEFLCD
mise en œuvre passive Les ouvriers cueillent, et sont payés pour cela.
suivi/ évaluation aucun

3.3 Diagramme/ organigramme (si disponible)

Description:

Le HCEFLCD organise tous les quatre ans une mise aux enchères des nappes de romarins, après en avoir estimé sa production. Une fois l'entreprise choisie, celle-ci surveille la parcelle contre une utilisation illicite, et gère les ouvriers.
Chaque ouvrier reçoit de la part du HCEFLCD une formation sur la coupe du romarin, (50% de la hauteur est taillée sur les individus de plus de 50 cm de haut), ainsi qu'une mise en garde contre les incendies.
Le HCEFLCD contrôle que les règles de coupe sont appliquées et peut demander à l'entreprise de licencier un ouvrier qui ne travaille pas selon les normes.
Les ouvriers sont payés au poids de feuilles de romarin apportés aux centres de collecte, à raison de 2 dirhams/kg.

Auteur:

Stefan Graf

3.4 Prises de décision pour la sélection de la Technologie/ des Technologies

Indiquez qui a décidé de la sélection de la Technologie/ des Technologies à mettre en œuvre:
  • les responsables politiques/ dirigeants
Expliquez:

Le HCEFLCD décide de la manière de gérer les nappes de romarins.

Spécifiez sur quelle base ont été prises les décisions:
  • les résultats de recherches?

4. Soutien technique, renforcement des capacités et gestion des connaissances

4.1 Renforcement des capacités/ formation

Une formation a-t-elle été dispensée aux exploitants des terres/ autres parties prenantes?

Oui

Spécifiez qui a été formé:
  • exploitants des terres
Formats de la formation:
  • sur le tas
Thèmes abordés:

La hauteur à partir de laquelle les plants de romarin peuvent être exploités, l'outil autorisé (uniquement la faucille), ainsi que la prévention des incendies.

4.2 Service de conseils

Les exploitants des terres ont-ils accès à un service de conseils?

Non

4.3 Renforcement des institutions (développement organisationnel)

Des institutions ont elles été mises en place ou renforcées par le biais de l'Approche?
  • non

4.4 Suivi et évaluation

Le suivi et l'évaluation font ils partie de l'Approche? :

Non

Commentaires:

Avant la mise aux enchères, la production de romarin dans la parcelle est estimée par la cueillette d'un ha représentatif.

4.5 Recherche

La recherche a-t-elle fait partie intégrante de l’Approche?

Non

5. Financement et soutien matériel externe

5.1 Budget annuel de la composante GDT de l'Approche

Si le budget annuel précis n'est pas connu, indiquez une fourchette:
  • 2 000-10 000
Commentez (par ex. principales sources de financement/ principaux bailleurs de fonds):

Le budget principal de cette approche est constitué du salaire des forestiers pour la surveillance des nappes de romarin, l'évaluation de la biomasse, la mise aux enchères, et le contrôle de l'application des directives de cueillette.

5.2 Soutiens financiers/ matériels fournis aux exploitants des terres

Les exploitants des terres ont-ils reçu un soutien financier/ matériel pour la mise en œuvre de la Technologie/ des Technologies?

Non

5.3 Subventions pour des intrants spécifiques (incluant la main d'œuvre)

  • aucun
 

5.4 Crédits

Des crédits ont-ils été alloués à travers l'Approche pour les activités de GDT?

Non

5.5 Autres incitations ou instruments

D'autres incitations ou instruments ont-ils été utilisés pour promouvoir la mise en œuvre des Technologies de GDT?

Oui

Si oui, spécifiez:

Il n'y a pas d'autre possibilité que de travailler avec les entreprises pour les exploitants locaux.

6. Analyses d'impact et conclusions

6.1 Impacts de l'Approche

Est-ce que l'Approche a autonomisé les exploitants locaux des terres, amélioré la participation des parties prenantes?
  • Non
  • Oui, un peu
  • Oui, modérément
  • Oui, beaucoup

Non, car ils sont dépendent de l'entrepreneur sélectionné.

Est-ce que l'Approche a aidé les exploitants des terres à mettre en œuvre et entretenir les Technologies de GDT?
  • Non
  • Oui, un peu
  • Oui, modérément
  • Oui, beaucoup

Oui, car une coupe illicite est verbalisée.

Est-ce que l'Approche a amélioré la coordination et la mise en œuvre de la GDT selon un bon rapport coût-efficacité?
  • Non
  • Oui, un peu
  • Oui, modérément
  • Oui, beaucoup

Oui, car tout est géré par une seule entreprise.

Est-ce que l'Approche a amélioré les connaissances et les capacités des exploitants des terres pour mettre en œuvre la GDT?
  • Non
  • Oui, un peu
  • Oui, modérément
  • Oui, beaucoup

Oui, un peu, par les formations sur la taille du romarin (couper à 50% de la hauteur).

Est-ce que l'Approche a autonomisé les groupes socialement et économiquement défavorisés?
  • Non
  • Oui, un peu
  • Oui, modérément
  • Oui, beaucoup

Non, car ils sont dépendants de l'entrepreneur.

Est-ce que l'Approche a conduit à des emplois, des opportunités de revenus?
  • Non
  • Oui, un peu
  • Oui, modérément
  • Oui, beaucoup

Oui, un peu, car une grande partie des habitants, ainsi que des ouvriers d’autres régions, cueillent le romarin les années durant lesquelles c'est autorisé.

6.2 Principale motivation des exploitants des terres pour mettre en œuvre la GDT

  • règles et règlements (amendes)/ application

C'est la seule manière pour eux de valoriser le romarin comme plante aromatique et médicinale.

6.3 Durabilité des activités de l'Approche

Les exploitants des terres peuvent-ils poursuivre ce qui a été mis en œuvre par le biais de l'Approche (sans soutien extérieur)?
  • non
Si non ou incertain, spécifiez et commentez:

Cela nécessite la présence ainsi que le contrôle du HCEFLCD.

6.4 Points forts/ avantages de l'Approche

Points forts/ avantages/ possibilités du point de vue du compilateur ou d'une autre personne ressource clé
Une gestion claire, et l'introduction de technologie de gestion durable des terres.

6.5 Faiblesses/ inconvénients de l'Approche et moyens de les surmonter

Faiblesses/ inconvénients/ risques du point de vue du compilateur ou d'une autre personne ressource clé Comment peuvent-ils être surmontés?
Il s'agit d'une méthode top-down dans laquelle les décisions et la compréhension des riverains ne sont pas prises en compte. Une approche participative prenant en compte les apiculteurs, éleveurs (nomades et sédentaires), et autres riverains, prendrait en compte tous les acteurs.
L'utilisation du romarin comme pâturages, ainsi que comme plante mellifère, n'est pas prise en compte par l'approche. Utiliser les outils de la gestion participative des parcours, par exemple selon les "Introductory Guidelines to Participatory
Rangeland Management in Pastoral Areas" de Flintan & Cullis.
Il s'agit d'une approche sur de grandes surfaces (2000 ha pour certaines parcelles) qui suivent toutes le même traitement simultanément. Cela induit une grande fluctuation de places de travail et du disponibles fourrager et de fleurs mellifères dans la zone. Réduire les surfaces des parcelles permettrait une constance (par l’exploitation selon un schéma de rotation). Cependant, cela augmenterait le risque de coupes illicites.
Il s'agit d'une méthode top-down dans laquelle les décisions et la compréhension des riverains ne sont pas prises en compte ce qui entraînent une cueillette illicite par une partie de la population. Une approche participative intégrant les apiculteurs, éleveurs (nomades et sédentaires), et autres riverains, prendrait en compte les besoins de tous les acteurs.

7. Références et liens

7.1 Méthodes/ sources d'information

  • visites de terrain, enquêtes sur le terrain

Visite de deux parcelles.

  • interviews/ entretiens avec les spécialistes/ experts de GDT

Entretiens avec le forestier responsable.

7.2 Références des publications disponibles

Titre, auteur, année, ISBN:

Monographie et guide des bonnes pratiques de collecte des principales plantes aromatiques et médicinales spontanées des régions d'Oulmès et de Rich du Maroc. Abdelkader Taleb. 2017. 978-9954-28-720-0

Disponible à partir d'où? Coût?

https://asapmaroc.wordpress.com/partenaires/somapam/

Titre, auteur, année, ISBN:

Governing the Commons, Elonor Ostrom, 1990, ISBN 9780521405997

Disponible à partir d'où? Coût?

wtf.tw/ref/ostrom_1990.pdf

7.3 Liens vers les informations pertinentes disponibles en ligne

Titre/ description:

Manuel des bonnes pratiques de collecte du romarin Rosmarinus officinalis

URL:

http://www.fellah-trade.com/ressources/pdf/MBPC_Romarin_Francais.pdf

Titre/ description:

Introductory Guidelines to Participatory Rangeland Management in Pastoral Areas. Flintan & Cullis. 2010.

URL:

http://www.fao.org/fileadmin/user_upload/drought/docs/Participatory%20range%20land%20management%20RM%20Guideline%20(4).pdf

Modules